- 60 jours d'arrêt maladie (30 jours pour un accident du travail) déclenchent une visite de reprise obligatoire, à organiser par l'employeur dans les 8 jours calendaires suivant le retour.
- Nouveau depuis le 15 juin 2026 : une visite de préreprise passée dans les 30 jours avant le retour, sans aménagement préconisé, dispense de la visite de reprise (décret n° 2026-503 du 12 juin 2026).
- Dès 30 jours d'arrêt, vous pouvez demander une visite de préreprise et un rendez-vous de liaison avec votre employeur. Refuser ce rendez-vous ne peut vous être reproché.
- Les arrêts longs pèsent lourd : 400 000 arrêts en ALD non exonérante ont coûté 3,2 milliards d'euros à l'Assurance maladie en 2023, avec une hausse d'environ 6 % par an.
- En cas d'inaptitude, l'employeur a un mois pour vous reclasser ou vous licencier. Au-delà, il doit reprendre le paiement de votre salaire.
Vous reprenez le travail après deux, quatre ou dix mois d'arrêt ? Avant de retrouver votre poste, une étape est souvent obligatoire : la visite de reprise auprès du médecin du travail. Elle n'a rien d'une formalité. C'est elle qui dit si vous êtes apte, si votre poste doit être aménagé, ou si un reclassement s'impose. Deux textes de 2026 ont changé la donne : le décret du 12 juin 2026, qui permet dans certains cas de s'en passer, et le décret du 16 septembre 2026, qui limite à un an les indemnités journalières de certains arrêts longs à partir du 15 octobre. Le premier simplifie le retour, le second le rend plus urgent. Voici les règles, un tableau par durée d'arrêt et un calendrier concret pour préparer votre reprise.
Quand la visite de reprise est-elle obligatoire ?
Le Code du travail fixe quatre cas, rappelés par le Code du travail numérique (fiche mise à jour le 31 août 2026) :
- un arrêt pour maladie ou accident non professionnel d'au moins 60 jours ;
- un arrêt pour accident du travail d'au moins 30 jours ;
- une maladie professionnelle, quelle que soit la durée de l'arrêt ;
- un congé de maternité.
La visite doit avoir lieu dans les 8 jours calendaires à compter de la reprise. C'est l'employeur qui saisit le service de prévention et de santé au travail, dès qu'il connaît la date de votre retour. Le temps passé à la visite est pris sur les heures de travail sans retenue de salaire, ou rémunéré comme du temps de travail, et les frais de transport sont à la charge de l'employeur (article R4624-39 du Code du travail).
Qu'est-ce qui a changé le 15 juin 2026 ?
Le décret n° 2026-503 du 12 juin 2026 modifie les visites de préreprise et de reprise pour les arrêts prescrits à partir du 15 juin 2026. Deux changements, détaillés par Service-Public.fr le 18 juin 2026 :
- Une dispense de visite de reprise. Elle n'est plus requise si deux conditions sont réunies : une visite de préreprise a eu lieu dans les 30 jours précédant la reprise effective, et le médecin a conclu qu'aucune mesure d'aménagement, d'adaptation ou de transformation du poste, ni d'aménagement du temps de travail, n'était nécessaire. Le salarié, l'employeur ou le médecin du travail peut toutefois toujours demander la visite de reprise.
- L'employeur est informé de la préreprise. Le service de santé au travail le prévient désormais de l'organisation de la visite de préreprise, même lorsque le médecin ne formule aucune recommandation, sauf si vous vous y opposez.
Concrètement, la préreprise devient la visite qui compte. Bien placée dans le temps, elle remplace la visite de reprise. Trop tôt (plus de 30 jours avant votre retour), elle ne dispense de rien.
Préreprise, rendez-vous de liaison, reprise : quelle visite selon la durée de votre arrêt ?
Trois rendez-vous coexistent et sont souvent confondus. Le rendez-vous de liaison n'est pas médical : il réunit le salarié et l'employeur, avec le service de santé au travail, pour vous informer des actions de maintien en emploi possibles (article L1226-1-3). La préreprise se passe pendant l'arrêt, avec le médecin du travail, et peut être demandée par vous, votre médecin traitant, le médecin conseil de l'Assurance maladie ou le médecin du travail. La reprise a lieu après le retour.
Le tableau ci-dessous, construit par l'équipe ideZen à partir des seuils légaux, croise la durée et l'origine de l'arrêt avec chaque rendez-vous.
| Votre situation | Rendez-vous de liaison | Visite de préreprise | Visite de reprise |
|---|---|---|---|
| Arrêt maladie de 3 semaines | Non prévu | Non prévue | Non obligatoire |
| Arrêt maladie de 45 jours | Possible, à votre demande ou à celle de l'employeur | Possible (arrêt de plus de 30 jours) | Non obligatoire (moins de 60 jours) |
| Accident du travail de 5 semaines | Possible | Possible | Obligatoire (30 jours ou plus) |
| Maladie professionnelle de 10 jours | Non prévu | Non prévue | Obligatoire, quelle que soit la durée |
| Burn-out, arrêt maladie de 4 mois | Possible, recommandé | Recommandée dans le dernier mois | Obligatoire, sauf dispense si préreprise de moins de 30 jours sans aménagement |
| Dépression en ALD non exonérante, arrêt de 11 mois | Possible, recommandé | À anticiper : les indemnités s'arrêtent à un an | Obligatoire, sauf dispense |
Pour mesurer l'enjeu : l'Assurance maladie relevait en juillet 2026 une progression des indemnités journalières pour accidents du travail et maladies professionnelles de 30 % en cinq ans, tirée par l'allongement des arrêts (rapport Charges et produits pour 2027). Plus un arrêt dure, plus le retour se prépare tôt.
Arrêt long en ALD non exonérante : le calendrier à suivre depuis le 15 octobre 2026
Le décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026 ramène de trois ans à un an la durée maximale des indemnités journalières pour les arrêts relevant d'une affection de longue durée non exonérante, prescrits à partir du 15 octobre 2026 (Service-Public.fr, 24 septembre 2026). Ces arrêts représentaient en 2023 environ 400 000 cas pour 3,2 milliards d'euros, avec une hausse d'environ 6 % par an, selon les chiffres de l'Assurance maladie repris par Santé mentale le 22 septembre 2026. Nous avons détaillé qui est concerné dans notre article sur l'arrêt maladie en ALD non exonérante limité à un an.
Conséquence pratique : la fin des indemnités ne met fin ni à l'arrêt, ni au contrat de travail. Si vous n'avez rien préparé, vous pouvez vous retrouver toujours arrêté, sans indemnité de la Sécurité sociale et sans visite de reprise programmée. Voici un calendrier type pour un arrêt débutant le 20 octobre 2026 :
| Moment | Date indicative | Action |
|---|---|---|
| Jour 30 | 19 novembre 2026 | Le rendez-vous de liaison et la préreprise deviennent possibles. Demandez à votre employeur de vous informer des actions de maintien en emploi. |
| Mois 6 | Avril 2027 | Faites le point avec votre médecin traitant : retour envisageable, temps partiel thérapeutique, ou demande d'invalidité ? |
| Mois 9 à 10 | Juillet à août 2027 | Prenez rendez-vous de préreprise et fixez une date de retour avant la fin des indemnités. |
| 30 jours avant le retour | Septembre 2027 (retour visé début octobre) | Passez la préreprise dans cette fenêtre : si aucun aménagement n'est nécessaire, elle vous dispense de visite de reprise. |
| Reprise + 8 jours | Début à mi-octobre 2027 | Visite de reprise si un aménagement a été préconisé ou si quelqu'un la demande. |
| Un an d'arrêt | Autour du 20 octobre 2027 (date exacte notifiée par la CPAM) | Fin des indemnités journalières en ALD non exonérante. |
Pour le volet financier, la perte de revenus pendant un arrêt, avec ou sans contrat de prévoyance, est chiffrée par Argent.info dans son calcul de la perte de salaire en arrêt maladie. Si un retour à temps plein paraît prématuré, le mi-temps thérapeutique permet de reprendre progressivement en conservant une partie des indemnités.
Que se passe-t-il pendant la visite, et que vaut l'avis du médecin du travail ?
La visite peut se faire en téléconsultation si vous et le médecin y consentez. Le médecin examine votre état de santé au regard de votre poste réel : horaires, charge, déplacements, exposition au public. Il peut conclure à :
- une aptitude sans réserve : vous reprenez votre poste ;
- des préconisations d'aménagement : temps partiel, télétravail, changement d'horaires, adaptation du poste. Elles s'imposent à l'employeur, qui doit motiver par écrit un éventuel refus ;
- une inaptitude : votre état de santé est incompatible avec votre poste et aucun aménagement ne suffit.
Vous pouvez contester l'avis devant le conseil de prud'hommes dans un délai de 15 jours, selon la procédure accélérée prévue à l'article L4624-7.
« La préreprise est le seul rendez-vous où vous pouvez encore négocier votre retour avant d'être face au poste. » C'est le conseil que nous donnons aux lecteurs qui sortent d'un burn-out : arrivez avec une liste précise de ce qui vous a fait tomber.
Inaptitude : combien de temps sans salaire, et quelles indemnités ?
Après un avis d'inaptitude, l'employeur dispose d'un mois pour vous reclasser ou vous licencier. Faute de quoi, il doit reprendre le versement de votre salaire, même si vous avez refusé un poste de reclassement (article L1226-4). La différence selon l'origine de l'inaptitude est importante :
| Inaptitude d'origine non professionnelle | Inaptitude d'origine professionnelle (AT/MP) | |
|---|---|---|
| Pendant le mois de reclassement | Aucun revenu spécifique prévu par la loi | Indemnité temporaire d'inaptitude versée par la CPAM, égale à la dernière indemnité journalière AT/MP, pendant un mois au plus |
| Après un mois sans reclassement ni licenciement | Reprise du salaire par l'employeur | Reprise du salaire par l'employeur |
| Indemnité de licenciement | Indemnité légale ou conventionnelle | Indemnité spéciale égale au double de l'indemnité légale, plus une indemnité équivalente au préavis (article L1226-14) |
Si l'inaptitude débouche sur une incapacité durable de travailler, la pension d'invalidité peut prendre le relais. Son articulation avec la retraite est expliquée par Argent.info dans son guide sur la pension d'invalidité et la retraite à 62 ans.
Vos garanties santé et prévoyance pendant et après l'arrêt
Un retour au travail qui échoue se termine souvent par un licenciement pour inaptitude. À ce moment-là, deux questions de couverture se posent immédiatement.
- La mutuelle d'entreprise. Un licenciement, y compris pour inaptitude, ouvre en principe droit à la portabilité : la complémentaire santé collective est maintenue gratuitement jusqu'à 12 mois, à condition d'être indemnisé par l'assurance chômage. Les conditions et les pièges sont détaillés par MutuelleFacile dans son guide de la portabilité de la mutuelle d'entreprise.
- La tentation de la dispense. Si vous retrouvez un emploi et que vous êtes tenté de refuser la nouvelle mutuelle collective, sachez que se dispenser fait perdre la portabilité lors du départ suivant, comme le rappelle JeRenegocie dans son article sur la dispense de mutuelle d'entreprise.
- Votre prêt immobilier. Si vous remboursez un crédit, relisez les garanties incapacité et invalidité de votre assurance emprunteur avant la reprise : un passage à temps partiel ou une invalidité ne déclenchent pas les mêmes prestations.
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- Décret n° 2026-503 du 12 juin 2026 relatif aux modalités des visites de préreprise et de reprise — Légifrance
- Visites de préreprise et de reprise : ce qui change — Service-Public.fr Entreprendre, 18 juin 2026
- Un salarié doit-il passer une visite médicale après un arrêt de travail ? — Code du travail numérique, mise à jour 31 août 2026
- Décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026 relatif à la durée maximale dérogatoire d'indemnisation pour arrêt de travail — Légifrance
- Arrêts maladie : réduction de la durée d'indemnisation — Service-Public.fr, 24 septembre 2026
- Rapport Charges et produits pour 2027 — Assurance maladie, 2 juillet 2026
- Arrêts de travail longue durée : des parcours de santé pour les troubles psychiques — Santé mentale, 22 septembre 2026
- Code du travail, articles L1226-1-3, L1226-4, L1226-14, L4624-7, R4624-34, R4624-39
Mis à jour le 5 octobre 2026. Cet article ne remplace pas l'avis de votre médecin, du médecin du travail ni celui de votre CPAM.