- AJPA 2026 : 66,64 € la journée, 33,32 € la demi-journée, plafonnée à 22 jours par mois (Caf).
- Plafond maximum mensuel : 1 466,08 € brut, environ 1 368 € nets après CSG-CRDS au taux réduit de 6,7 %.
- Le congé est de 3 mois renouvelables, 1 an maximum sur toute la carrière — mais l'indemnisation s'arrête à 66 jours par personne aidée.
- Plafond de carrière : 264 jours indemnisés et 4 personnes aidées maximum.
- L'employeur ne peut pas refuser le congé, mais il ne le paie pas : le manque à gagner se situe entre 400 € et 1 800 € par mois selon le salaire.
Ce que verse réellement l'AJPA en 2026
L'allocation journalière du proche aidant (AJPA) est versée par la Caf ou la MSA, pas par l'employeur. Son montant 2026 est de 66,64 € par journée et 33,32 € par demi-journée, dans la limite de 22 jours indemnisés par mois. Le maximum théorique est donc de 1 466,08 € brut pour un mois complet.
Cette somme n'est pas nette. L'AJPA est soumise à la CSG et à la CRDS au taux réduit applicable aux revenus de remplacement, prélevées à la source par l'organisme payeur — soit environ 6,7 % au total. Sur un mois plein, il reste de l'ordre de 1 368 € nets.
Le congé de proche aidant n'est pas rémunéré par l'employeur, sauf disposition conventionnelle plus favorable. Le salarié peut percevoir l'allocation journalière du proche aidant versée par la Caf ou la MSA. — Service-Public.fr, fiche F16920
Premier point que la plupart des articles omettent : l'AJPA n'est pas un pourcentage de votre salaire. C'est un forfait. Contrairement aux indemnités journalières maladie, qui se calculent sur le salaire des trois derniers mois, l'AJPA verse la même somme à un salarié au Smic et à un cadre à 5 000 € brut. Le mécanisme est donc massivement redistributif — et brutal pour les revenus intermédiaires.
Le calcul du reste à charge, salaire par salaire
C'est le chiffre qui manque partout : combien perdez-vous concrètement chaque mois ? Le tableau ci-dessous compare un salaire net mensuel habituel à l'AJPA nette maximale (1 368 €), pour un mois de congé complet.
| Salaire net mensuel | AJPA nette (22 j) | Perte mensuelle | Taux de remplacement |
|---|---|---|---|
| 1 500 € | 1 368 € | − 132 € | 91 % |
| 1 800 € | 1 368 € | − 432 € | 76 % |
| 2 200 € | 1 368 € | − 832 € | 62 % |
| 2 800 € | 1 368 € | − 1 432 € | 49 % |
| 3 500 € | 1 368 € | − 2 132 € | 39 % |
Calculs ideZen sur la base du montant AJPA 2026 de 66,64 €/jour × 22 jours, minoré de 6,7 % de CSG-CRDS. Arrondis à l'euro.
La lecture est immédiate : au-delà de 2 000 € nets, le congé de proche aidant coûte plus de 30 % du revenu. Sur trois mois pleins, un salarié à 2 800 € nets renonce à environ 4 300 €. C'est un arbitrage financier majeur, presque jamais présenté comme tel dans la documentation officielle, qui insiste surtout sur le droit au congé.
Le calcul que personne ne fait — comparez toujours le congé de proche aidant à temps plein avec la version fractionnée ou à temps partiel. À mi-temps, vous conservez la moitié du salaire et percevez des demi-journées d'AJPA à 33,32 €. Sur un salaire de 2 800 € nets, le revenu total passe d'environ 1 368 € (congé complet) à environ 2 100 € (mi-temps + 22 demi-journées) — pour un temps de présence auprès du proche souvent suffisant.
Trois plafonds qui ne se cumulent pas comme on le croit
Le congé de proche aidant est encadré par trois limites différentes, qui ne portent pas sur la même chose. Les confondre conduit à des mauvaises surprises au sixième mois.
| Plafond | Valeur | Sur quoi il porte |
|---|---|---|
| Durée du congé | 3 mois, renouvelable | Le droit à s'absenter, sauf accord collectif plus favorable |
| Durée de carrière | 1 an au total | Le cumul de tous les congés de proche aidant pris dans la vie professionnelle |
| Indemnisation par personne aidée | 66 jours | Le nombre de jours d'AJPA versés pour un même proche |
| Indemnisation de carrière | 264 jours / 4 personnes | Le cumul de toutes les AJPA perçues, toutes personnes confondues |
La conséquence pratique est contre-intuitive : vous pouvez avoir encore du droit au congé sans avoir de droit à l'allocation. Les 66 jours d'AJPA correspondent à trois mois d'indemnisation à 22 jours. Un premier congé de trois mois pleins épuise donc le compteur pour cette personne aidée. Le renouvellement du congé, lui, reste possible — mais sans un euro d'allocation.
Deuxième subtilité : le compteur de 66 jours se réarme par personne aidée, dans la limite de 4 personnes et 264 jours sur la carrière. Aider successivement un parent puis un conjoint ouvre bien deux compteurs distincts — mais la limite globale d'un an de congé sur la carrière, elle, ne se réarme jamais.
Le trou de couverture que personne n'anticipe : votre mutuelle
C'est l'angle mort de tous les guides sur le sujet. Le congé de proche aidant suspend le contrat de travail et n'est pas rémunéré par l'employeur. Or le maintien de la complémentaire santé collective pendant une suspension non rémunérée n'est pas automatique : il dépend de ce que prévoit l'acte fondateur du régime (décision unilatérale, accord collectif ou référendum).
Trois cas de figure existent en pratique :
- L'acte fondateur prévoit le maintien avec partage de la cotisation : la situation reste inchangée, l'employeur continue de payer sa part.
- L'acte fondateur prévoit le maintien à la charge exclusive du salarié : vous conservez la couverture mais réglez 100 % de la cotisation, part patronale comprise — soit souvent 50 à 80 € de plus par mois, sur un revenu déjà amputé.
- L'acte fondateur ne dit rien ou exclut les suspensions non rémunérées : la garantie est suspendue. Vous et vos ayants droit n'êtes plus couverts au-delà du régime obligatoire, au moment précis où les déplacements, consultations et frais de santé augmentent.
À faire avant de déposer la demande. Réclamez la notice d'information de votre régime frais de santé et cherchez la clause « suspension du contrat de travail ». Si le maintien n'est pas prévu, demandez-le par écrit avant le départ en congé — une fois la suspension entamée, la marge de négociation disparaît. À défaut, une complémentaire individuelle souscrite en amont évite la rupture de couverture.
Le paradoxe est réel : la période où l'on accompagne un proche malade est aussi celle où l'on consulte le moins pour soi. Or les aidants déclarent des niveaux de fatigue, de troubles du sommeil et de renoncement aux soins nettement supérieurs à la moyenne. Si vous êtes déjà dans cette situation, nos repères sur la charge mentale et ses signaux d'alerte et sur l'épuisement s'appliquent directement.
Une couverture santé qui ne s'arrête pas quand votre contrat est suspendu
Comparez en 2 minutes une complémentaire individuelle qui reste active pendant un congé de proche aidant.
Obtenir mon devis en 2 minAménager plutôt que suspendre : les trois alternatives
Le congé à temps plein est rarement la meilleure option financière. Trois dispositifs existent et se combinent souvent mieux :
- Le congé fractionné. Vous consommez des journées ou demi-journées au fil des besoins (rendez-vous médicaux, hospitalisations, sorties d'établissement) plutôt qu'un bloc de trois mois. L'AJPA suit à la journée ou à la demi-journée. C'est le format le plus économe en jours de compteur.
- Le congé à temps partiel. Le contrat n'est pas suspendu mais réduit : vous conservez une fraction de salaire, la couverture collective reste en principe active, et vous percevez des demi-journées d'AJPA.
- Le don de jours de repos. Prévu par le code du travail, il permet à des collègues de céder anonymement des jours de RTT ou de congés. Les jours reçus sont payés au salaire normal — c'est le seul mécanisme qui maintient 100 % du revenu. Il ne consomme ni le compteur de 66 jours ni l'année de carrière.
Dans un cabinet ou une PME, la combinaison la plus efficace est presque toujours : don de jours d'abord (revenu plein), puis congé fractionné (compteur préservé), et seulement en dernier recours le congé continu à temps plein.
La démarche, étape par étape
- Informer l'employeur au moins un mois avant le départ, par écrit. Le délai tombe en cas d'urgence : dégradation soudaine de l'état de santé, situation de crise, cessation brutale de l'hébergement en établissement.
- Joindre les justificatifs : déclaration sur l'honneur du lien avec la personne aidée, déclaration sur l'honneur relative aux congés de proche aidant déjà pris, et justificatif du niveau de perte d'autonomie ou du taux d'incapacité de la personne aidée.
- Demander l'AJPA à la Caf ou à la MSA, avec l'attestation de l'employeur. L'allocation n'est pas automatique : elle se demande.
- Vérifier la clause « suspension » de votre régime frais de santé et arbitrer avant le départ (voir plus haut).
- Anticiper le retour. À l'issue du congé, vous retrouvez votre emploi ou un emploi similaire à rémunération au moins équivalente, et vous avez droit à un entretien professionnel.
Enfin, un point de droit utile à connaître : l'employeur ne peut pas refuser le congé de proche aidant. Il peut discuter des dates ou du fractionnement, pas du principe. Un refus se conteste devant le conseil de prud'hommes.