- Date : la réforme du crédit à la consommation (ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025, qui transpose la directive européenne 2023/2225) s'applique aux offres émises à partir du 20 novembre 2026.
- Nouveau droit : au moins 3 jours pour comparer les offres d'assurance liées au crédit, avec une proposition figée pendant ce délai. Signature anticipée possible seulement sur votre demande expresse.
- Champ élargi : les crédits jusqu'à 100 000 € (contre 75 000 € aujourd'hui), les mini-crédits de moins de 200 € et le paiement fractionné entrent dans le régime protecteur.
- Inchangé : l'assurance reste non obligatoire par la loi, la délégation à un autre assureur reste possible, la rétractation du crédit reste de 14 jours.
- L'enjeu : un marché où l'ACPR relève des ratios sinistres sur primes de 15 à 24 % seulement. Comparer, c'est là que se fait l'économie.
L'assurance de crédit à la consommation (ou assurance emprunteur de prêt conso) garantit le remboursement de votre crédit auto, travaux ou personnel en cas de décès, d'invalidité ou d'arrêt de travail. À partir du 20 novembre 2026, la réforme issue de l'ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025 vous donne au moins trois jours pour comparer les offres d'assurance avant de souscrire, sans que la proposition puisse être modifiée pendant ce délai. C'est la transposition de l'article 14, paragraphe 5, de la directive (UE) 2023/2225. Le sujet n'a rien de marginal : selon les constats de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) relayés par la presse spécialisée en 2026, environ 70 % des emprunteurs d'un crédit conso sont assurés, alors que l'assurance n'est pas obligatoire, et les assureurs ne reversent en indemnisations que 15 à 24 % des primes encaissées. Autrement dit, le prix de l'assurance proposée au guichet laisse, en général, une large marge à la négociation. Voici ce que la réforme change vraiment, ce qu'elle ne change pas, et comment utiliser ces trois jours.
Que change exactement la réforme du 20 novembre 2026 ?
La directive européenne du 18 octobre 2023 sur les contrats de crédit aux consommateurs, dite « CCD2 », remplace celle de 2008. La France l'a transposée par l'ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025, publiée au Journal officiel du 4 septembre 2025 et légèrement corrigée par l'ordonnance n° 2025-1154 du 2 décembre 2025. Selon Service-public.fr, les nouvelles règles s'appliqueront aux offres émises à partir du 20 novembre 2026 ; les offres antérieures sont traitées comme des contrats en cours.
Pour l'emprunteur, la réforme a quatre volets principaux :
- un champ élargi : mini-crédits de moins de 200 €, paiements fractionnés, crédits de moins de trois mois et crédits jusqu'à 100 000 € deviennent des crédits à la consommation au sens du Code ;
- une information renforcée et une évaluation de solvabilité obligatoire, assortie d'un devoir de mise en garde ;
- de nouvelles règles en cas de difficultés : le prêteur devra proposer des mesures adaptées (allongement, baisse des mensualités, etc.) avant tout contentieux, et orienter vers un service de conseil aux personnes endettées ;
- un encadrement plus strict des ventes groupées crédit + assurance, avec le délai de comparaison de trois jours au cœur du dispositif.
Le relèvement du plafond à 100 000 € compte pour l'assurance : un prêt travaux ou un prêt personnel de 80 000 € bénéficiera désormais des mêmes protections qu'un crédit auto de 15 000 €, y compris sur l'assurance. Pour le détail du paiement en plusieurs fois et des mini-crédits, OffreSimple explique ce qui change au 20 novembre 2026 pour le paiement fractionné ; ici, nous nous concentrons sur l'assurance.
Comment fonctionne le délai de 3 jours pour comparer l'assurance ?
Le texte européen est clair. L'article 14, paragraphe 5, de la directive impose que le consommateur dispose d'au moins trois jours pour comparer les offres d'assurance liées au crédit avant de souscrire, sans que ces offres soient modifiées, et qu'il en soit informé. Il peut conclure le contrat d'assurance avant la fin du délai s'il le demande explicitement. L'autorité maltaise de supervision financière (MFSA) a repris cette rédaction mot pour mot dans sa circulaire de transposition de novembre 2025.
En droit français, selon les analyses publiées du nouvel article L. 312-29 du Code de la consommation dans sa version applicable au 20 novembre 2026, le mécanisme fonctionne ainsi lorsque l'assurance est exigée par le prêteur :
- Point de départ : le délai court à compter de la réception de la proposition d'assurance.
- Proposition figée : pendant au moins trois jours, le prêteur ne peut pas modifier sa proposition de crédit. Impossible, par exemple, de vous annoncer un taux moins favorable parce que vous apportez votre propre assurance.
- Information obligatoire : le prêteur doit vous informer de l'existence de ce délai.
- Signature anticipée : possible, mais uniquement sur votre demande expresse. Une case pré-cochée ou une mention noyée dans les conditions générales ne devrait pas suffire.
- Notice séparée : la notice d'assurance est remise sur un support distinct de l'offre de crédit, avec l'identité de l'assureur, la durée, les risques couverts et les exclusions.
Avant / après : le tableau des règles d'assurance
| Règle | Offres émises avant le 20/11/2026 | Offres émises à partir du 20/11/2026 |
|---|---|---|
| Plafond du crédit à la consommation | 75 000 € | 100 000 € |
| Mini-crédits < 200 € et paiement fractionné | Largement hors champ | Dans le champ |
| Assurance obligatoire par la loi | Non | Non |
| Délai pour comparer l'assurance proposée | Aucun délai légal dédié | 3 jours minimum, offre figée |
| Souscription avant la fin du délai | - | Seulement sur demande expresse |
| Assurance d'un autre assureur (délégation) | Possible si garanties équivalentes, refus motivé | Possible si garanties équivalentes, refus motivé |
| Rétractation du crédit | 14 jours calendaires | 14 jours calendaires |
| Résiliation à tout moment (loi Lemoine) | Non (prêts immobiliers seulement) | Non (prêts immobiliers seulement) |
Pourquoi ces 3 jours peuvent valoir plusieurs centaines d'euros ?
Parce que l'assurance de crédit conso est un produit très rémunérateur pour ceux qui la distribuent. D'après les constats présentés par l'ACPR lors de sa matinée annuelle consacrée à la protection de la clientèle, rapportés par L'Argus de l'assurance puis par plusieurs médias en 2026 :
- le ratio sinistres sur primes se situe entre 15 % et 24 % selon le type de crédit, très en dessous de la plupart des assurances de personnes ;
- les commissions de distribution représentent 50 % à 76 % des primes en moyenne ;
- le taux de refus de prise en charge atteint environ 25 %, toutes garanties confondues ;
- le taux d'équipement avoisine 70 %, alors que l'assurance n'est pas obligatoire.
Concrètement, prenons un crédit travaux de 15 000 € sur 48 mois. Les taux ci-dessous sont des hypothèses d'illustration, pas des tarifs relevés chez un assureur : le vôtre figure sur la proposition d'assurance, exprimé en euros par mois et souvent en taux annuel effectif de l'assurance (TAEA).
| Hypothèse de cotisation (sur capital initial) | Coût par an | Coût sur 48 mois |
|---|---|---|
| 0,20 % par an | 30 € | 120 € |
| 0,40 % par an | 60 € | 240 € |
| 0,80 % par an | 120 € | 480 € |
| 1,20 % par an | 180 € | 720 € |
Entre la première et la dernière ligne, l'écart est de 600 € pour le même crédit. Sur un prêt personnel de 60 000 € sur 84 mois, désormais dans le champ de la réforme, le même écart de taux pèse quatre fois plus. C'est exactement ce que les trois jours doivent permettre de vérifier : le prix, mais aussi le contenu des garanties, car une assurance bon marché qui exclut votre situation ne protège rien.
« Trois jours, c'est court pour un crédit immobilier, mais largement suffisant pour un crédit conso : deux devis, une lecture des exclusions, et la décision est prise sur pièces plutôt qu'au comptoir. » — Équipe ideZen
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Plusieurs idées reçues circulent déjà. Voici les règles qui restent en place après le 20 novembre 2026 :
- L'assurance n'est toujours pas obligatoire par la loi. Service-public.fr le rappelle : le prêteur peut l'exiger comme condition d'octroi, mais aucun texte ne l'impose. Notre guide assurance de crédit conso : obligatoire ou optionnelle détaille les cas où elle vaut vraiment le coup.
- La délégation reste possible. Si l'assurance est exigée, vous pouvez la remplacer par un contrat d'un autre assureur offrant des garanties équivalentes ; le prêteur ne peut s'y opposer que par une décision de refus motivée, qui précise les garanties manquantes.
- Le délai de rétractation du crédit reste de 14 jours calendaires (article L. 312-19 du Code de la consommation). Il ne passe ni à 30 jours, ni à quatre semaines, contrairement à ce qu'on lit parfois.
- La loi Lemoine ne s'applique pas au crédit conso. La résiliation à tout moment de l'assurance emprunteur concerne les prêts immobiliers. Le site LoiLemoine détaille quels prêts sont concernés et lesquels en sont exclus. Pour un crédit conso, une assurance facultative se résilie en général à l'échéance annuelle, avec un préavis de deux mois.
- Les contrats déjà signés ne bougent pas, sauf certaines règles applicables aux crédits à durée indéterminée encore en cours.
Santé fragile : que dit la réforme sur le questionnaire et le droit à l'oubli ?
La directive contient aussi, à l'article 14, paragraphe 4, un droit à l'oubli pour les anciens malades du cancer : les données relatives à un diagnostic oncologique ne peuvent plus être utilisées pour tarifer l'assurance d'un crédit conso au-delà d'un délai fixé par chaque État, qui ne peut pas dépasser 15 ans après la fin du traitement. La France est déjà bien en deçà : depuis la loi du 28 février 2022, le droit à l'oubli joue cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute, et il couvre les prêts à la consommation, selon la fiche de l'Institut national du cancer.
Pour les autres situations de santé, la convention AERAS prévoit qu'un crédit conso affecté ou dédié ne nécessite pas de questionnaire de santé si trois conditions sont réunies, rappelées par l'INCa :
| Condition AERAS (crédit conso affecté) | Seuil |
|---|---|
| Âge de l'emprunteur lors de la demande | 50 ans maximum |
| Montant emprunté (cumul des prêts concernés) | 17 000 € maximum |
| Durée de remboursement | 4 ans maximum |
| Nature du prêt | Achat d'un bien précis (pas de rachat de crédits) |
Au-delà de ces seuils, c'est-à-dire pour un prêt personnel, un regroupement de crédits, un emprunteur de plus de 50 ans ou un montant supérieur à 17 000 €, le questionnaire de santé redevient la règle chez la plupart des assureurs, avec son lot de surprimes et d'exclusions. C'est précisément le créneau d'ideZen Flex : un contrat collectif sans formalité médicale, pour les crédits à la consommation, personnels, professionnels, LOA, LLD et regroupements de crédits de 1 500 € à 100 000 € sur 6 à 120 mois. Le plafond de 100 000 € correspond d'ailleurs au nouveau plafond du crédit conso. Pour comprendre le fonctionnement, lisez comment marche ideZen Flex et nos repères sur l'assurance de prêt avec un cancer ou une maladie chronique.
Comment utiliser vos 3 jours en 5 étapes ?
- Jour 0 : récupérez les documents. Exigez la proposition d'assurance et la notice remise à part, et notez la date de réception : c'est le point de départ du délai. Ne cochez aucune case de renonciation.
- Jour 0 : repérez le coût total. Relevez la cotisation mensuelle, le coût total sur la durée du prêt et le TAEA. Vérifiez si la cotisation est calculée sur le capital initial (constante) ou sur le capital restant dû (dégressive).
- Jour 1 : listez les garanties exigées. Décès et perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) en général, parfois incapacité (ITT) et invalidité (IPT). La perte d'emploi est rarement exigée et souvent coûteuse pour peu de prise en charge.
- Jour 1 à 2 : demandez un ou deux devis alternatifs couvrant au moins les mêmes garanties. Si votre santé n'est pas parfaite, privilégiez une offre sans questionnaire pour éviter surprime et exclusions.
- Jour 3 : décidez sur pièces. Si l'offre externe est meilleure, transmettez-la au prêteur : en cas de refus, il doit le motiver par écrit en précisant les garanties manquantes. Puis gardez en tête les 14 jours de rétractation du crédit.
Sources
- Crédit à la consommation : réforme au 20 novembre 2026, champ étendu jusqu'à 100 000 € — Service-public.fr
- Assurance emprunteur d'un crédit à la consommation : délégation, refus motivé, résiliation — Service-public.fr
- Crédit à la consommation : de nouvelles règles en 2026 (ordonnance du 3 septembre 2025) — La finance pour tous, 19 septembre 2025
- Circular on Directive (EU) 2023/2225, articles 14(4) et 14(5) : droit à l'oubli et délai de 3 jours — MFSA, novembre 2025
- Directive (UE) 2023/2225 du 18 octobre 2023 relative aux contrats de crédit aux consommateurs — EUR-Lex
- Assurance des crédits à la consommation : trois jours pour comparer dès le 20 novembre 2026 (article L. 312-29) — France Épargne, 2026
- Assurance prêt conso : les constats de l'ACPR (S/P, commissions, refus, équipement) — Magnolia, 18 mai 2026
- Emprunter après un cancer : convention AERAS et droit à l'oubli — Institut national du cancer, novembre 2023
Mis à jour le 28 octobre 2026. Les taux de cotisation du tableau de coût sont des hypothèses d'illustration, pas des tarifs constatés. Les modalités françaises du délai de trois jours (article L. 312-29 du Code de la consommation) sont présentées d'après les analyses publiées du texte : référez-vous à Légifrance et aux documents remis par votre prêteur. Cet article ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.